Le vol de l’épargne populaire, prochaine étape pour "sauver" l’état providence ?

(article du 6 janvier 2011)









Jusqu'où iront-ils ?

Ce sont au moins 5 pays européens dans lesquels les états sont en train de se servir de fonds mis de côté pour financer les retraites du futur pour financer leurs déficits présents.

France, Irlande : les fonds de réserve détournés

En France, en fin d'année dernière, l'état a vidé le fonds de réserve des retraites, certes insuffisamment doté, mais de 33 milliards tout de même, qui devait aider à passer le cap des années 2020-2040, pour combler un trou immédiat. Bon, ce n'était pas vraiment de l'épargne individuelle, la presse et la population n'y ont vu que du feu.

En Irlande, le Fonds de réserve mis en place sur le même modèle sera vidé pour sauver les banques de la faillite, c'est à dire, en fait, sauver les banques continentales qui ont prêté aux banques irlandaises. Au vu de l'importance des manifestations de protestation qui ont accompagné l'annonce du plan européen, les élections de la fin du mois de janvier devraient être plus chaudes que le climat.

Pologne, Hongrie, Bulgarie : SOS épargnants !

En Pologne, le gouvernement a décidé que le mix répartition-capitalisation obligatoire serait arbitrairement modifié en faveur de la répartition. Encore le gouvernement polonais ne devrait-il pas saisir les sommes déjà épargnées, seules les cotisations futures vers la capitalisation seront amputées d'1/3.

Il n'en va pas de même des gouvernements bulgares et hongrois. Ce dernier a fait passer une loi obligeant les citoyens à choisir l'alternative suivante : Soit remettre leur épargne retraite individuelle à l'état, soit perdre le droit au pilier de base par répartition, mais en restant contraint de cotiser. Le gouvernement a ainsi extorqué à son peuple 14 milliards d'euros (source : WSJ, Business week).

En Bulgarie, le gouvernement a tenté une opération similaire. Sous la menace d'une grève générale, il n'a finalement pris "que" 20% des sommes épargnées (détails). Quelle humanité.


Déjà, outre Quiévrain, en 2003...

Ceci dit, chez nos voisins Belges, en 2003, le fonds de pension des employés de Belgacom a été saisi de la même façon et inclus au régime général par répartition, contre la promesse faite aux employés de voir leur retraite assurée dans des conditions plus généreuses par le régime général local.

On voit donc que les politiciens européens sont prêts à absolument tout pour ne pas réformer les fondamentaux de leurs états providence pourris et les retraites "maddoff", jusqu'à voler l'épargne de leurs citoyens, en invoquant, bien sûr, la "solidarité". Plus cela ira, et plus des mesures coercitives visant à amadouer la colère populaire seront "nécessaires" pour empêcher le bas peuple de se révolter contre ces rapines d'état.

Nous allons vers une ère de recul sans précédent de l'état de droit au nom de la "sauvegarde des acquis sociaux" des états providence. Jamais la description de "la route de la servitude" par Hayek n'avait été si actuelle.

Tout ceci va très mal finir.
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Source : Christian Science Monitor
Lire aussi : "Retraites" sur Objectif liberté.
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source -> http://www.objectifeco.com/
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Quand l’État vole vos REER
09/01/2011

Imaginez : vous constatez chaque jour que le gouvernement gaspille. Qu’il est incapable de contrôler ses dépenses. Puis un matin, vous recevez une lettre de ce même gouvernement. Il vous dit que les REER que vous avez mis de côté au fil des ans ne vous appartiennent plus. Ils appartiennent à l’État. Merci de nous aider à boucler notre budget, et bonne journée!

C’est ce qui se passe en Europe. Dans cinq pays, les politiciens pillent les fonds de retraite publics et les REER des citoyens pour soutenir leur État-providence au bord de la faillite.

Une offre que vous ne pouvez refuser

Dans le film Le Parrain, vous vous souvenez de l’expression de Don Corleone, « je vais lui faire une offre qu’il ne pourra refuser »? C’est ce que le gouvernement hongrois fait à ses citoyens. Il a passé une loi les obligeant à choisir : remettre leur épargne personnelle à l’État, ou perdre le droit aux prestations du régime public… tout en continuant de cotiser! Le gouvernement hongrois va ainsi extorquer 14 milliards d’euros à ses citoyens.

C’est comme si le gouvernement du Québec vous disait : donnez-moi vos REER, sinon vous ne recevrez rien de la RRQ à votre retraite, même si vous devrez continuer à en payer sur votre chèque de paye. Et si vous acceptez, priez pour qu’on n’ait pas tout dépensé quand ce sera votre tour d’en retirer.

Le gouvernement Bulgare fait la même chose, mais plus gentiment. Il veut s’approprier « seulement » 20 % de l’épargne des citoyens.

En Pologne, le gouvernement veut saisir le tiers de ce que les citoyens placeront à l’avenir dans leurs comptes d’épargnes privés. Les épargnants polonais vont ainsi perdre quelque 2,3 milliards $ par année.

Faut comprendre ces pauvres gouvernements. Les politiciens irlandais vous diraient que ça coûte cher de sauver les ti-zamis banquiers et leurs riches actionnaires. Dans ce pays, l’État vide le fonds de réserve du régime de retraite public pour sauver les banques de la faillite. On avait créé ce fonds en 2001 pour financer les retraites des Irlandais pendant les années 2025-2050. En mars 2009, le gouvernement a pris 4 milliards d’Euros dans ce fonds pour sauver les banques, et un autre 2,5 milliards pour sauver d’autres entreprises.

En France il y a quelques mois, l’État a vidé le fonds de réserve du régime de retraite public — 33 milliards qui devaient aider à payer les retraités des années 2020-2040 — pour combler un trou immédiat dans ce même régime. La génération suivante s’arrangera.

Prêts à tout

Les politiciens européens sont prêts à tout pour éviter de réformer leurs États providence. Incapables de réduire les dépenses, à genoux devant les groupes d’intérêt et refusant de vendre des sociétés d’État, ils préfèrent voler l’épargne de leurs citoyens. C’est pathétique et révoltant à la fois.

La plupart de ces pays d’Europe ont comme points communs un système d’État-providence généreux, même socialiste dans certains cas. Ils ont des régimes de retraite publics de type « pyramidal » insoutenables, où de moins en moins de jeunes payent la retraite de plus en plus de vieux. Finalement, ils ont des gouvernements incapables de réduire leurs dépenses, qui préfèrent pelleter les problèmes sur le dos des générations futures.*

*Toute ressemblance avec un État que l’on connait bien, comme le Québec, serait purement le fruit du hasard. Ce serait aussi très exagéré. Enfin, je pense…

David Descôteaux

David Descôteaux est un des chroniqueurs économiques les plus lus au Québec.
Son regard sur les enjeux économiques qui préoccupent chaque jour les Québécois fait jaser et réagir.
Biographie complète

source -> http://descoteaux.argent.canoe.ca/
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Claude Castonguay prescrit le REER obligatoire
11 janvier 2011 | 10h56
Mise à jour: 11 janvier 2011 | 14h45























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voir -> "David Descôteaux : petite leçon de plagiat" de Patrick Lagacé
Le Mardi 18 janvier 2011 | Mise en ligne à 12h39
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voir -> "Clarifications" de David Descôteaux
Samedi le 22 janvier 2011 10:25
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24 février 2011
Nathalie Elgrably-Lévy


De bons conseils
Le Journal de Montréal, p. 27

Depuis quelques semaines, les Québécois sont visés par deux campagnes de matraquage publicitaire : l'une au profit de la Régie des rentes du Québec (RRQ) et l'autre pour la bannière gouvernementale Épargne Placements Québec (EPQ).

En soirée, à chaque pause publicitaire ou presque, la Régie nous invite à planifier notre retraite en consultant son site Web sur lequel on trouve à la fois trois clips insipides de 50 secondes chacun et un simulateur plutôt intéressant. Quant à EPQ, sa publicité suggère aux Québécois de confier leurs économies au gouvernement du Québec. Au premier coup d'oeil, ces publicités sont légitimes. Vivre selon ses moyens en pensant à l'avenir, prendre aujourd'hui les mesures adéquates pour s'assurer une retraite paisible, aspirer à l'indépendance financière et placer son argent prudemment sont de sages conseils.

En revanche, quand on réfléchit au fait que ces bons conseils nous sont donnés par le gouvernement du Québec, on ne peut qu'hésiter entre rire de l'absurdité de la chose ou s'offusquer de l'arrogance et du paternalisme déplacé de la classe politique.

La RRQ est effectivement bien mal placée pour nous sermonner sur la planification de la retraite. Depuis plusieurs décennies, elle administre un régime financé par répartition avec une capitalisation partielle. Concrètement, cela signifie que les cotisations perçues aujourd'hui servent à payer les rentes des retraités actuels. La RRQ n'est donc qu'une gigantesque chaîne de Ponzi qui, en dépit de sa légalité, n'en est pas moins immorale que celle du funeste Bernard Madoff. Et comme toute chaîne de Ponzi, celle de la Régie court à sa perte. On apprenait d'ailleurs en décembre dernier que sa réserve actuarielle serait épuisée en 2039. La Régie, qui pourrait être incapable de verser des prestations aux futurs retraités, veut nous donner des leçons de planification! Elle, qui opère un système insoutenable à long terme, fait la promotion de la responsabilité individuelle. Le gouvernement du Québec nous encourage à l'indépendance financière, lui qui a reçu 8,5 milliards de dollars au titre de la péréquation et qui entretient une culture de mendicité à l'égard d'Ottawa. Plutôt comique, non?

Quant à EPQ, ses publicités nous invitent à épargner « l'esprit tranquille » en achetant des titres financiers émis par le gouvernement du Québec. En pratique, chaque dollar que les Québécois confient à EPQ permet au ministre des Finances, Raymond Bachand, de financer son budget de fonctionnement. L'État se sert donc de nos économies pour payer ses dépenses. Or, peut-on vraiment avoir l'esprit tranquille quand on sait que l'on prête à un État qui a accumulé une dette qui représente plus de 225 milliards de dollars, faisant de lui le cinquième État le plus endetté au monde? Peut-on réellement être certains que notre argent est en sécurité quand on sait que Québec est coupable d'avoir fait pendant longtemps de la comptabilité créative pour camoufler son déficit? Surtout, quelle assurance avons-nous que nos économies si durement amassées seront sagement dépensées alors que notre ministre des Finances déclarait en janvier 2010 que « La finalité, ce n'est pas d'équilibrer le budget. La finalité, c'est d'être heureux comme peuple ».

Certes, tous les produits offerts par EPQ sont garantis par le gouvernement du Québec. Et pour cause! Quand un placement arrive à échéance, Québec s'acquitte de ses obligations en empruntant à Pierre les sommes qu'il doit rembourser à Paul. À l'instar de la RRQ, EPQ opère une chaîne de Ponzi à côté de laquelle Madoff fait figure de néophyte.

Les conseils prodigués par notre intelligentsia politique quant à l'épargne sont excellents. Serait-ce maintenant trop lui demander que de prêcher par l'exemple?

Nathalie Elgrably-Lévy est économiste senior à l'Institut économique de Montréal.
* Cette chronique a aussi été publiée dans Le Journal de Québec.

source -> http://www.iedm.org

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Le Régime de rentes du Québec : une assurance, une garantie

Par André Trudeau, Président de la RRQ

* Dans sa chronique intitulée « De bons conseils » du 24 février dernier, Mme Elgrably-Levy y allait, pour une deuxième fois, d’une affirmation démagogique comparant le Régime de rentes du Québec (RRQ) à une chaîne de Ponzi.

Le Régime serait, selon elle, un système pyramidal légal qui viendrait chercher chaque année des milliards de dollars dans les poches des travailleurs contre la promesse d’une incertaine rente de retraite, puisque les coffres seraient vides dans une trentaine d’années.

Cette affirmation, fausse et malhonnête, risque de miner la confiance des Québécois et Québécoises envers leur régime public. Comme président-directeur général de la Régie des rentes du Québec, je me dois d’intervenir.

LA SOLIDARITÉ INTERGÉNÉRATIONNELLE : FONDEMENT DU RÉGIME

Depuis sa création, le RRQ a évolué tout en continuant de respecter le principe fondamental de solidarité intergénérationnelle. Il a permis de soutenir financièrement des générations de retraités qui n’avaient pas bénéficié d’un régime public de rentes avant 1966 et il assure une certaine redistribution financière entre les personnes plus riches et celles ayant des moyens plus modestes. C’est un principe à préserver.

UNE RÉSERVE INQUIÉTANTE. VRAIMENT?

Selon notre analyse actuarielle de 2009, la réserve deviendra nulle en 2039. Mme Elgrably-Levy laisse entendre que la Régie pourrait alors être incapable de verser des prestations aux futurs retraités.

D’abord, il faut savoir que le RRQ n’a pas nécessairement besoin d’accumuler une réserve puisque, par sa nature publique, il nous assure que les cotisations seront toujours payées par les travailleurs et les employeurs. De plus, le maintien d’une réserve est un acquis du Régime. Celle-ci représente en quelque sorte un fonds de stabilisation qui protège les futures générations de travailleurs.

La réserve, qui atteint actuellement 33,3 milliards de dollars, servira notamment à absorber le choc du départ à la retraite des babyboomers et à limiter les hausses de cotisations. Enfin, au moment de la dernière consultation publique, la Régie a proposé des mesures afin de renforcer le financement du Régime, de maintenir sa réserve à long terme et de préserver l’équité entre les générations actuelles et futures de cotisants.

ÉPARGNE PUBLIQUE VERSUS ÉPARGNE PRIVÉE

Certains prétendent qu’il faudrait remplacer le RRQ obligatoire par de l’épargne privée volontaire. Or, environ 30 % des Québécois n’épargnent pas en vue de la retraite. Le RRQ leur assure minimalement une rente comptant pour 25 % de leurs revenus de travail admissibles, ce qui n’est pas négligeable.

De plus, une gestion professionnelle et collective de l’épargne, comme celle du fonds du RRQ, permet d’obtenir un meilleur rendement. Celui calculé sur les cotisations versées au RRQ reste supérieur à ce qu’un individu peut s’attendre d’une gestion individuelle. En 2010, le rendement du fonds du Régime, administré par la Caisse de dépôt et placement du Québec, a été de 14,3 %.

ASSURANCE ET GARANTIE

Nul doute que les 3 893 000 cotisants et les 1 645 000 bénéficiaires du RRQ peuvent continuer de miser sur un système de sécurité financière à la retraite qui a fait ses preuves et qui demeure une assurance et une garantie pour les générations présentes et futures.

source -> http://lejournaldequebec.canoe.ca, via http://forum.gouvernement.qc.ca
* - source de la photo -> http://www.rrq.gouv.qc.ca

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10 mars 2011
Nathalie Elgrably-Lévy


L'audace du RRQ
Le Journal de Montréal, p. 27

À la suite de mon texte du 24 février dernier dans lequel je comparais le Régime des rentes du Québec (RRQ) à une chaîne de Ponzi, son président-directeur général, André Trudeau, s'est fait un devoir de réagir dans une lettre ouverte publiée hier. Pour lui, pareille comparaison relève de la démagogie. Vérifions donc les faits.

Une chaîne de Ponzi est une escroquerie financière reposant sur le principe pyramidal. On verse des revenus aux plus anciens investisseurs grâce aux apports de capitaux des derniers arrivés. On paie Pierre avec l'argent de Paul, tout simplement. Cette manoeuvre exige donc des entrées d'argent toujours supérieures aux sorties, sans quoi la pyramide s'effondre.

Maintenant, le RRQ. Le régime est financé par répartition avec capitalisation partielle. Concrètement, le régime dispose d'une réserve, mais les prestations payées au cours d'une année proviennent des cotisations versées par les travailleurs au cours de la même année. M. Trudeau écrit d'ailleurs que « le RRQ n'a pas nécessairement besoin d'accumuler une réserve puisque, par sa nature publique, il nous assure que les cotisations seront toujours payées ». Le PDG de la Régie confirme donc la nature pyramidale du régime, mais tente de nous « rassurer » en invoquant le fait que l'État aura toujours le pouvoir de nous obliger à alimenter la machine. Si le RRQ n'est pas une chaîne de Ponzi, coercitive de surcroît, les ressemblances sont saisissantes!

M. Trudeau déclare également qu'il est faux et malhonnête de ma part d'affirmer que les coffres du RRQ pourraient être vides dans une trentaine d'années. Peut-être devrait-il donc consulter la dernière analyse actuarielle du Régime, document sur lequel figure d'ailleurs sa signature. On peut y lire que dès 2014, les sorties de fonds seront supérieures aux cotisations, que pour combler la différence « une partie des revenus de placements de la réserve doit être utilisée », que « le recours aux revenus de placement permet de combler l'écart entre les revenus et les sorties de fonds jusqu'en 2023 », et qu'« à partir de 2024, les revenus de placements ajoutés aux cotisations deviennent insuffisants pour financer les sorties de fonds, de sorte que la réserve commence à diminuer. En 2039, la réserve devient nulle ». Mais attention, n'affirmez surtout pas que les coffres seront vides!

Ce n'est pas tout. La plupart des cotisants au RRQ l'ignorent, mais l'argent qu'ils versent ne leur appartient plus. Supposons un couple où madame et monsieur sont tous deux âgés de plus de 65 ans. Si monsieur décède, et à moins d'indication contraire dans son testament, madame héritera de la totalité de son épargne privée comme, par exemple, ses REER. L'épargne que monsieur a péniblement accumulée reste donc dans la famille. Ce n'est pas le cas avec les cotisations au RRQ. Le Régime versera au conjoint survivant un maximum de 60 % du montant de la rente acquise par le cotisant décédé. Madame pourrait même ne rien obtenir du tout du RRQ de son conjoint si elle-même a droit à une rente, ce qui revient à la pénaliser pour avoir contribué à son propre Régime. Les cotisations de la personne décédée sont donc toujours accaparées en partie ou en totalité par le RRQ. Si le cotisant décédé n'a ni conjoint ni enfant mineur, les cotisations d'une vie sont alors entièrement empochées par le Régime. Rien pour les héritiers sauf, au mieux, une misérable prestation de décès de 2500 $. N'est-ce pas scandaleux? Et la Régie a l'audace d'appeler cela de « l'équité intergénérationnelle »!

Tout bien considéré, parce qu'il bénéficie de l'appui de l'État, le RRQ est bien plus insidieux qu'une chaîne de Ponzi!

Nathalie Elgrably-Lévy est économiste senior à l'Institut économique de Montréal.
* Cette chronique a aussi été publiée dans Le Journal de Québec.

source -> http://www.iedm.org